Pour les enseignants
Faire entrer Lettres à ma mère et au cancer dans votre classe
Dans une classe de vingt élèves, il y en a statistiquement plusieurs dont un parent, un grand-parent, une tante est ou a été malade. Ils le savent. Ils n’en parlent pas, parce que personne ne leur en parle. Le tabou ne protège pas les enfants : il les laisse seuls avec leurs questions.
C’est pour eux que j’ai écrit Lettres à ma mère et au cancer. Si vous enseignez le français, la philosophie et citoyenneté, la morale, ou si vous cherchez simplement un livre qui donne des mots à ce que vos élèves vivent en silence, cet article est pour vous : ce que raconte le roman, comment l’exploiter en classe, et comment je peux venir en parler avec vos élèves — gratuitement.
Le livre en bref
Lettres à ma mère et au cancer, publié aux éditions Parlà (maison belge, collection jeunesse), raconte l’histoire de Maël, quinze ans, dont la mère, Léa, apprend qu’elle a un cancer du sein. Sur les conseils de sa prof de français, il se met à écrire : un journal, des lettres à sa mère, des lettres au cancer lui-même. Pour poser sa colère, sa peur, ses questions — tout ce qu’il ne dit à personne. Puis la famille prend la route en camping-car, direction la Slovénie, pour respirer à nouveau et fabriquer des souvenirs pendant qu’il en est encore temps.
Le roman raconte la maladie du point de vue qu’on entend trop peu : celui des proches, et d’abord celui des enfants.
Éditeur — Parlà Éditions (Belgique)
Public officiel — 13-17 ans, accessible dès la 6ᵉ primaire en lecture accompagnée, et jusqu’à la fin du secondaire
Format — 153 pages, 13×18, 12,90 €
ISBN — 978-2-9604107-0-9
Pourquoi ce livre a sa place en classe
Parce qu’il ne parle pas de la maladie en général, mais de ce que ça fait, concrètement, d’avoir quinze ans et un parent malade : la colère qu’on ne sait pas où poser, la peur qu’on cache pour ne pas inquiéter, le regard des autres, le silence qui s’installe dans une maison. Et parce qu’il montre une issue : l’écriture comme refuge, comme façon de continuer à vivre à côté de la maladie sans être englouti par elle.
Pour l’enseignant, c’est un texte qui ouvre la parole sans jamais forcer personne à se livrer — le roman parle à la place de l’élève qui n’est pas prêt, et donne des mots à celui qui l’est.
Dans quels cours l’exploiter
Français — le genre épistolaire et le journal intime, l’écriture de soi, le choix du point de vue, la construction d’un personnage adolescent crédible.
Philosophie et citoyenneté / morale — la maladie, l’empathie, ce qu’on dit et ce qu’on tait dans une famille, le regard que la société porte sur les malades et leurs proches.
Éducation à la santé — une porte d’entrée simple et non anxiogène vers ce qu’est réellement un cancer, sans discours médical ni dramatisation.
Ce qui existe déjà pour vous
Vous n’arrivez pas les mains vides :
- —un dossier pédagogique gratuit, pensé pour le français et la citoyenneté
- —une playlist à écouter en classe, pour entrer dans les textes autrement
- —des illustrations qui ouvrent la discussion, y compris avec les élèves qui lisent moins facilement
- —une version audio du livre, pour une écoute collective ou pour les élèves en difficulté de lecture
- —une version epub, déjà disponible
Vous restez maître du rythme et du cadre : vous piochez, vous adaptez, vous ignorez ce qui ne convient pas à votre classe.
Des pistes d’ateliers
Quelques idées pour prolonger la lecture, à picorer et à adapter à votre niveau et à votre matière.
En français
- La lettre qu’on n’a jamais osé écrire — chaque élève écrit une lettre à quelqu’un (réel ou imaginaire) à qui il n’a jamais dit ce qu’il pense vraiment. Non destinée à être envoyée ni lue par d’autres si l’élève ne le souhaite pas.
- Écrire à une émotion — sur le modèle des « lettres au cancer » de Maël, écrire une lettre à sa propre colère, sa peur, sa tristesse, ou toute émotion difficile à nommer autrement. Un excellent exercice de personnification, aussi.
- Tenir un journal, une semaine — reproduire le geste de Maël : quelques lignes chaque jour, sans obligation de partager. L’objectif est le geste d’écrire, pas le contenu.
- Changer de point de vue — réécrire une scène du roman du point de vue de Léa, la mère, ou d’un autre personnage. Excellent pour travailler l’empathie narrative.
- Le carnet de voyage — à la manière du road-trip en camping-car vers la Slovénie, imaginer ou raconter un vrai voyage à travers un carnet illustré (textes courts + dessins ou photos).
En philosophie et citoyenneté / morale
- Le débat du silence — pourquoi ne parle-t-on pas de la maladie dans les familles ? Qu’est-ce que ça change quand on en parle ? Un débat encadré, sans obligation de témoignage personnel.
- Ce qu’on peut dire, ce qu’on ne peut pas dire — un exercice en petits groupes : lister ce qu’on a le droit de demander à quelqu’un dont un proche est malade, et ce qui relève de l’intrusion.
- La place de l’humour — le roman montre que rire reste possible même dans l’épreuve. Discussion : l’humour est-il un manque de respect envers la maladie, ou une façon d’y survivre ?
Projets plus larges (interdisciplinaires ou collectifs)
- L’œuvre collective — chaque élève illustre ou calligraphie un extrait, une lettre, une émotion du livre ; l’ensemble est exposé dans l’école ou la classe.
- La lettre collective — la classe écrit une lettre commune à une association (par exemple la Fondation contre le Cancer) ou organise un petit geste solidaire autour du livre.
- La rencontre « classique » — le format qui a fait ses preuves : les élèves lisent le livre en amont, préparent des questions, puis le jour de la venue de l’autrice, place à l’échange et au débat. Simple à organiser, et souvent le moment le plus riche pour les élèves.
- Le passage à l’écoute — utiliser la version audio ou la playlist pour une lecture collective à voix haute, en particulier avec les élèves en difficulté de lecture.
- Le projet Octobre Rose (si votre rencontre ou votre lecture tombe en octobre) — mise en contexte du mois de sensibilisation au cancer du sein, puis atelier créatif : rédiger un texte, une lettre ou une carte de soutien pour un proche touché par la maladie. Une façon de relier la lecture à l’actualité du moment, sans que le reste du projet n’en dépende.
Un mot sur l’accompagnement
Plusieurs de ces ateliers touchent à des sujets sensibles — la maladie, la peur, le deuil parfois. Pour les séances les plus exposées (le débat du silence, l’écriture à une émotion), ou simplement si vous savez qu’un ou plusieurs élèves de la classe traversent une situation proche de celle du roman, il peut être utile d’associer le CPMS à l’atelier, ou au moins de le prévenir en amont. Sa présence n’est pas indispensable partout, mais elle rassure, et permet de prendre le relais si un élève a besoin d’en parler davantage après coup.
Une rencontre en classe, gratuite pour l’école
Je suis enseignante et autrice, et j’ai écrit ce livre après avoir moi-même traversé un cancer du sein. Je viens volontiers échanger avec vos élèves autour du roman, de l’écriture, ou de ce qui les a marqués dans leur lecture.
- —Les livres peuvent être achetés via le budget Manolo dont dispose votre école.
- —Ma venue en classe est gratuite pour l’établissement, grâce au programme Auteurs en classe de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui prend la rencontre en charge.
Avec les équipes qui le souhaitent, on peut aussi voir plus loin qu’une rencontre d’une heure : atelier d’écriture, exposition, événement autour du livre, soirée lecture ouverte aux parents. Le format se construit ensemble, selon vos envies et vos moyens. Rien n’est imposé, tout est possible.
Intéressé·e par un atelier en classe ? Voici comment ça se passe
- On prend contact — un premier échange pour discuter de vos envies et de vos besoins, et réfléchir ensemble à la formule la plus adaptée à votre classe.
- Vous complétez la demande en ligne sur Objectif Plumes, au moins trois semaines avant la date souhaitée.
- On détermine ensemble une date et une formule — 1h, 2h, 3h ou plus, selon le projet — ainsi que le nombre de classes et d’élèves concernés.
- Vous commandez les livres et les faites lire aux élèves avant la rencontre. 😉
Si le livre ou l’une de ces pistes vous parle, écrivez-moi — je vous envoie le dossier pédagogique complet, un exemplaire de lecture si besoin, ou on prend quinze minutes pour en discuter.
Virginie Lago Lago
Enseignante et autrice
virginielagolago@gmail.com · 0488/400 383 · virginielagolago.be